Les puritains et la politique

 

dans l’Angleterre de la première moitié du XVIIe siècle

 

 

par M. Jean-Pierre Poussou 

 Recteur d’Académie, Professeur émérite à l’Université Paris-Sorbonne

 

Élisabeth Ire avait choisi de revenir au protestantisme mais celui qu’elle installa en Angleterre à partir de 1563 (Les Trente-Neuf Articles) était très en-deçà du calvinisme genevois ou du presbytérianisme écossais. Beaucoup de protestants anglais le déploraient ; ils ne cessèrent donc de réclamer à leur souveraine d’aller plus loin et d’accentuer la rupture avec le catholicisme. Ce fut la source de nombreux conflits, qu’elle réussit néanmoins à maîtriser sans trop de difficultés. Le débat devint beaucoup plus aigu avec son successeur Jacques Ier et surtout avec le fils de celui-ci, Charles Ier, qui régna à partir de 1625, car Charles Ier appartenait au contraire à la tendance arminienne qui refusait les aspects les plus durs du calvinisme, telles la prédestination ou l’absence de hiérarchie dans l’Église nationale.

Nombre de ses sujets le lui reprochèrent. L’histoire les connaît sous le nom de puritains. La plupart d’entre eux ne veulent pas quitter l’Église d’Angleterre instaurée par Henry VIII et restaurée par Élisabeth. Leur but est que celle-ci devienne réellement «réformée », c’est-à-dire totalement calviniste. Néanmoins, à partir des années 1620, tout en restant minoritaires, ils furent de plus en plus nombreux à faire partie de sectes dont les membres quittaient justement l’Église d’Angleterre.

Le refus de l’ensemble de la politique menée par le souverain - notamment les deux guerres avec les Écossais (ce sont les « Guerres des Évêques » en 1639 et 1640) - ne cessa de progresser durant les années 1630. Il eut pour conséquence que Charles Ier fut obligé de réunir en 1640 deux parlements successifs dans lesquels ses partisans étaient tout à fait minoritaires, et également que les puritains qui ne représentaient qu’une partie réduite de la nation anglaise furent surreprésentés parmi les députés car ils apparaissaient comme les opposants les plus résolus et aussi les plus fermes à la politique menée.

Au Parlement, ils furent donc le fer de lance de l’opposition au roi et prirent une part essentielle dans la révolution de 1640. Une fois la guerre civile déclenchée à partir de 1642 ils jouèrent le même rôle sur les champs de bataille : avec pour leader Cromwell, ils tinrent la première place dans les affrontements militaires et permirent la victoire du camp parlementaire.

Mais déjà des dissensions - souvent violentes - étaient apparues car il y avait bien davantage des puritains, fort divers, plutôt qu’un mouvement puritain disposant d’une certaine unité et ayant un programme politique et religieux commun, le seul ciment réel ayant été jusqu’en 1644 la lutte contre Charles Ier.

Ce manque d’unité s’avéra lourd de conséquences après la victoire obtenue en 1645 au point que le Commonwealth, instauré en 1649, ne cessa d’être marqué par des conflits auxquels Cromwell mit fin en imposant son pouvoir de « Protecteur » en 1653. Mais il fut dans l’incapacité de disposer d’un Parlement capable d’appuyer sa politique. Il ne réussit donc à mettre en place aucun settlement religieux ou politique solide. Sa disparition en 1658 entraîna une désintégration progressive du Protectorat qui laissa la place en 1660 à la Restauration de Charles II fils du roi exécuté.

Le Puritanisme offre ainsi un excellent exemple d’un mouvement politique et religieux capable d’imposer ses vues en opposition à la politique royale menée mais dans l’incapacité de définir majoritairement un régime politique et une organisation religieuse.

 

L’entrée de cette conférence est libre, vous pouvez amener ou inviter toute personne susceptible d’être intéressée…

En l’attente du plaisir de vous revoir, nous vous prions d’accepter, cher(e)s ami(e)s, l’expression de nos sentiments les plus amicaux,,

 

                    Guillaume Flamerie de Lachapelle, Président

 

Informations diverses

 

Conférences prévues en 2019-2020

(à 17 h 30 à l’auditorium de la Bibliothèque de Bordeaux-Mériadeck)

Attention !  les séances sont - sauf exceptions - programmées le second lundi du mois.

• lundi 14 octobre : Delphine Gachet, Vie et œuvres d’Elsa Morante : destins tragiques

 • lundi 18 novembre : Guillaume Flamerie de Lachapelle, Paul Morand, le voyageur immobile

 • lundi 9 décembre : Marc Agostino, Lumières et peine de mort. Autour d’un livre majeur : Beccaria,   Des délits et des peines (1764)

 • lundi 13 janvier : Céline Méot, Jardins réels et jardins oniriques : l’univers horticole du Songe de Poliphile

• lundi 10 février : Dominique Brancher, Montaigne chez Esculape

• lundi 9 mars : Jean-Pierre Poussou, Les puritains et la politique dans l’Angleterre de la première moitié du XVIIe siècle

• lundi 20 avril : Eudes Huyghe, Savoirs naturalistes dans la littérature populaire du premier XIXsiècle

 • lundi 11 mai : Florence Buttay : Un manuscrit et ses mystères : L’Amant infortuné de la Bibliothèque du Musée Condé de Chantilly

 • juin (à préciser) : Assemblée Générale

 "Santés !", le Moi(s) Montaigne (10 février – 7 mars)

L’Université Bordeaux Montaigne organise la seconde édition du Moi(s) Montaigne, et invite en résidence Dominique Brancher (Université de Bâle), spécialiste de la littérature française de la Renaissance. Elle s’intéresse aux rapports entre corps, médecine et écriture et propose, durant ce mois, d’explorer tout ce que Montaigne peut nous dire aujourd’hui sur le corps et sa santé : l’exercice physique, la douleur et son expression, la maladie et l’auto-observation du patient, la fin de vie et le destin du corps.

Les rendez-vous proposés confrontent sur ces thèmes les points de vue de philosophes, sportifs, médecins, archéologues, littéraires, musiciens, écrivains, sociologues…

Le programme complet peut être téléchargé sur : https://www.u-bordeaux-montaigne.fr

 

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